Usurpation d'identité, faux placements, faux crédits... Dans un communiqué publié au début de l’été, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et la Banque de France ont rappelé les bons réflexes à adopter face aux tentatives d'escroquerie financière. Quelles vérifications effectuer avant de transmettre la moindre donnée ou d'engager le moindre versement ?
Tout au long de l’été, les tentatives d'escroquerie financière se multiplient, et la vigilance reste de mise à l'approche de la rentrée. Alors que de nombreux particuliers sont encore en congés ou en phase de reprise, les fraudeurs continuent d'exploiter cecontexte pour piéger leurs victimes.
Dans un communiqué commun publié le 8 juillet dernier, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le régulateur des banques et des assurances, et la Banque de France ont rappelé les principaux réflexes à adopter pour éviter ces pièges.
Les fraudeurs exploitent massivement Internet et les réseaux sociaux pour diffuser de fausses offres. Leur mode opératoire est bien rodé : appâter les internautes par des promesses hors norme, récupérer leurs coordonnées via un formulaire de contact, puis les convaincre d'effectuer un versement ou de transmettre des documents sensibles.
Vérifiez toujours l'origine de l'offre
Les signalements reçus par l'ACPR témoignent de l'ampleur du phénomène : 66% concernent de faux placements et 32% de faux crédits. Les préjudices peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros, voire dépasser le million. Au premier semestre 2026, une victime a ainsi subi une perte supérieure à 700 000 euros.
Avant toute démarche, l'ACPR et la Banque de France recommandent de vérifier que l'offre figure bien sur le site officiel de l'établissement concerné. Les publicités frauduleuses renvoient vers des sites qui proposent de faux placements, de faux crédits, de faux rachats de crédit ou usurpent l'identité de fournisseurs de services financiers.
Deux cas de figure doivent particulièrement alerter : soit le site utilise l’identité d'un professionnel dûment autorisé, soit il ne mentionne aucun établissement identifiable. L'absence de raison sociale, de numéro d'agrément ou de mentions légales constitue un signal d’alerte. De même, des rendements exceptionnellement élevés ou des conditions de financement anormalement avantageuses doivent inciter à la prudence.
Contrôlez l'identité de votre interlocuteur
Les escrocs usurpent volontiers l'identité d'établissements agréés, mais aussi celle de l'ACPR ou de la Banque de France. Ils opèrent par téléphone, par courriel ou à travers de faux sites internet, en se présentant comme des agents de ces institutions. Or ni l'ACPR ni la Banque de France ne demandent de données bancaires sensibles, ni le règlement de frais destinés à débloquer des fonds ou à régulariser un dossier.
En cas de doute, consultez les registres officiels : le Registre des agents financiers (REGAFI) pour les établissements autorisés, l'Organisme pour le registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance (ORIAS) pour les intermédiaires. Un simple appel à l'établissement concerné permet également de vérifier l'identité de votre interlocuteur.
Ne communiquez jamais vos données bancaires
Protégez vos données personnelles et ne transmettez jamais vos identifiants bancaires, mots de passe ou codes de validation : aucun établissement bancaire ne les réclame, ni ne fait valider une opération à la demande d'un tiers.
Méfiez-vous également des appels, courriels et messages non sollicités, même lorsqu'ils semblent provenir d'un organisme connu. Les fraudeurs jouent sur le sentiment d'urgence afin de vous empêcher de prendre le temps de vérifier les informations communiquées.
N'effectuez aucun virement dans la précipitation
Avant tout versement, notamment vers un compte situé à l'étranger, assurez-vous de la légitimité de la demande ; en cas de doute, appelez votre banque.
Si vous pensez être victime d’une tentative d’escroquerie, prévenez-la immédiatement, faites opposition si nécessaire et signalez les faits aux autorités compétentes.
Consultez les listes noires avant d'investir
L'ACPR met à disposition ABE Infoservice, son portail d'information et de prévention. La rubrique « Prévention arnaques » y détaille les principales techniques utilisées par les fraudeurs et publie les listes noires des sites et entités non autorisés ou frauduleux. Quelques secondes de consultation peuvent suffire à écarter une offre douteuse.
De son côté, la Banque de France met à disposition des particuliers des réponses aux questions les plus fréquentes sur les arnaques du quotidien, ainsi que des conseils pour vérifier une information avant de la croire ou de la relayer.