Par Edouard Faure, Responsable du département Crédit de Swiss Life Asset Managers France
Jeudi 18 décembre, le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) devrait très probablement maintenir ses taux d’intérêt directeurs inchangés, conservant le taux de facilité de dépôt à 2%. Tout indique que la perspective d’un statu quo prolongé se confirme. Les investisseurs regarderont avec attention l’actualisation des prévisions de croissance en zone euro et scruteront la tonalité du discours de Christine Lagarde, qui devrait réaffirmerla primauté d’une approche « data dependant ».
Les dernières publications, meilleures qu’attendu, nous ont conduits à relever la prévision de croissance pour la zone euro à 1,3% en 2025 et 1,0% l’an prochain, en ligne avec le consensus. Pour 2026, nous maintenons notre prévision d’inflation autour de 2%, légèrement supérieure au consensus qui s’établit à 1,8%. Dans ce contexte, et sans impact exogène significatif, la BCE n’aurait pas de raison apparente de modifier ses taux directeurs au cours des prochains mois.
Les investissements dans l’IA vont animer le marché obligataire primaire en 2026
Sur les marchés obligataires, les performances devraient être soutenues par un portage attractif. Dans un environnement de primes de risque serrées et où la volatilité pourrait être accrue, des opportunités se dessineront, notamment sur le compartiment Investment Grade, où nous privilégions la partie 0-3 ans de la courbe pour optimiser le couple rendement-risque.
Sur le High Yield, nous serons attentifs aux émissions notées B, qui ont subi un élargissement des spreads et qui peuvent se présenter comme des opportunités d’achat. Le marché High Yield devrait également bénéficier de taux de défaut orientés à la baisse alors que les restructurations les plus impactantes sont
derrière nous.
Pour les investisseurs, la thématique de l’intelligence artificielle (IA) restera dominante et pourrait générer de la volatilité en 2026. Les besoins d’investissement sont considérables : les émissions obligataires liées à l’IA pourraient ainsi augmenter d’au moins 500 Mds$ par an ! Par ailleurs, le marché obligataire européen pourrait être animé par les émissions d’entreprises américaines souhaitant se financer via une dette moins coûteuse libellée en euros. Autant d’opportunités à saisir pour les investisseurs, même si la volatilité accrue exigera une vigilance renforcée.