En mai, les marchés ont été portés par de solides données économiques, une détente commerciale entre les États-Unis et la Chine, et une inflation en baisse. Dans ce contexte, l’indice S&P 500 a bondi de 6,3%, sa meilleure performance en 18 mois, tandis que les spreads de crédit se sont resserrés, effaçant les tensions postérieures au "Liberation Day". En Europe, l’Eurostoxx 50 a également affiché une belle performance, progressant de 5,42% en mai. En revanche, les spreads souverains américains se sont écartés, plombés par les inquiétudes budgétaires après une dégradation de la note des Etats-Unis par Moody’s et des débats sur une réforme fiscale au Congrès. Ainsi, le rendement du Treasury à 30 ans a atteint un pic intra journalier de 5,15%, dans un contexte de vente généralisée des obligations longues à l’échelle mondiale.

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L’abondance de primaire a été très bien absorbée.

Notre stratégie High Yield

Le mois de mai a été marqué par un environnement macroéconomique favorable. Tout d’abord, l’avancée des négociations sur les tarifs douaniers, notamment entre la Chine et les États-Unis, a permis de dissiper les craintes d’une récession mondiale. Ensuite, la baisse continue des chiffres de l’inflation a rassuré les marchés. Cela s’est traduit par la poursuite du rebond des marchés financiers. Le S&P 500 a enregistré sa meilleure performance mensuelle des 18 derniers mois avec une hausse de 6,3%. En Europe, l’Eurostoxx 50 a également profité de cet environnement porteur, affichant une performance de 5,42% en mai. Les primes
de risque du marché du crédit ont bénéficié du regain d’appétit pour les actifs risqués et de la bonne performance des marchés actions, se resserrant au cours du mois. Seul le marché des taux souverains a rencontré des difficultés, avec une hausse mesurée du taux d’État allemand à 10 ans de 6 points de base, mais une augmentation massive du taux d’État américain à 10 ans de 24 points de base. Cette hausse s’explique par les inquiétudes croissantes concernant la situation fiscale des États-Unis, la dégradation de la notation du pays par l’agence Moody’s et les risques liés à la loi budgétaire souhaitée par Trump. La partie longue de la courbe américaine a été particulièrement mise sous pression, le taux à 30 ans américain atteignant même le niveau symbolique de 5,15% en cours de séance.
 
Le marché High Yield a profité de l’amélioration de l’environnement macroéconomique. Les primes de risque se sont significativement resserrées, de 44 points de base en Europe et de 63 points de base aux États-Unis revenant à des niveaux proches des plus bas historiques. Ces resserrements ont permis aux performances absolues du High Yield Euro et du High Yield US de finir dans le vert malgré la pression sur les taux souverains, en particulier outre-Atlantique. L’appétit pour le risque a engendré un phénomène de compression : les primes de risque des émetteurs les plus spéculatifs (B et CCC) ont davantage diminué comparé à celles des émetteurs plus défensifs (BB). De même, les secteurs cycliques ont surperformé par rapport à leurs pairs moins cycliques et plus sensibles aux taux d’État. L’appétit pour cette classe d’actifs s’est traduit par le retour des souscriptions. Celles-ci n’ont eu aucun mal à être investies grâce à un marché primaire particulièrement actif. De nombreux émetteurs, conscients des risques environnants, ont profité de l’appétit des investisseurs pour refinancer tout ou partie de leurs obligations arrivant à maturité en 2026, 2027 et même 2028. Le volume du marché primaire sur le marché High Yield Euro en mai a d’ailleurs été le plus important jamais enregistré depuis la création de cette classe d’actifs.

Nous avons profité de l’abondance du marché primaire pour investir nos liquidités et placer les souscriptions reçues au cours du mois. Certaines primes offertes n’étaient pas, selon nous, en adéquation avec le risque de l’émetteur, nous avons donc décidé de ne pas participer à ces émissions. Le rebond du marché High Yield a été rapide et important, nous avons ainsi profité de la vigueur du marché pour prendre des bénéfices sur les titres les plus spéculatifs et les plus cycliques. Nous avons également mis en place une couverture via l’indice de CDS Itraxx Crossover. Enfin, nous avons réduit la duration des portefeuilles, craignant un impact inflationniste de la mise en place des premiers tarifs douaniers.